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Toute la smala “Francis Jacquety” venue en France en été 1921 pour la naissance de François, s’est rendue à Piolenc, où elle a séjourné quelques jours. Ensuite vers 1922, les Bartre ont accueilli à Charpey Bonne Maman, l’entourant de toute leur affection et lui assurant pour ses vieux jours des conditions de vie très confortables. En 1927, un passeport en archives le prouve, Bonne Maman est revenue au Maroc. Son visa de retour en France est daté du 20 Août 1927. Bonne-maman, qui avait à l’époque 76 ans, est allée revoir une dernière fois Mogador ; et bien entendu prier sur la tombe de son époux. Elle était accompagnée de deux de ses filles Gabrielle et Lilly. À leur retour, elles ont séjourné à Mazagan. En 1934, Bonne Maman eut une attaque et se trouva paralysée du côté gauche. Ce fut alors sa fille aînée Gabrielle qui l’accueillit à Orange, où, veuve, elle habitait seule. Toutes deux aussi courageuses l’une que l’autre ont vécu avec de très modestes revenus et elles firent front à leurs difficultés. Cinq années plus tard, le 2 Septembre 1939, Bonne Maman (Marie Bessac) nous quittait. Elle allait enfin après une vie de grand labeur et d’épreuves, de joies aussi, trouver le repos éternel. Bonne-maman était âgée de 87 ans. Elle repose maintenant dans le caveau familial d’Orange (Cimetière St Eutrope - travée n° 18 - 8ème caveau) On trouvera en archives une note de Tante Gabrielle sur l’ouverture du caveau et la réunion dans un même cercueil, placé côté gauche des restes de : Sophie Jacquety, Eloïse Jacquety, Henri Jacquety, Jules Gardol ?, Marie Doux ?. Dans son testament rédigé en Février 1926 on peut lire : “ Ayant pratiquement tout donné de mon vivant, je laisse entre les mains de mon gendre Léopold Bartre le peu d’argent qui me restera, de même que mon mobilier, mes nippes et mes hardes. Il n’y a à partager en 4 parts égales, que la somme de 50 000 f provenant de la vente de la maison de Mogador qui est l’héritage de votre Père”. J’emprunte, pour terminer, les quelques mots rédigés par Tante Gabrielle sur la vie de Marie Bessac, veuve Henri Jacquety “ ................. un souvenir ému à celle qui nous a quittés, il y a si peu de temps. C’était une belle âme de croyante, allant droit son chemin dans la pratique de la religion. La via a été pour elle l’accomplissement du devoir qu’elles qu’aient été les circonstances devant lesquelles elle ait été placée. D’une haute intelligence et très avertie sur tous les sujets, elle aimait lire les graves auteurs religieux et affectionnait comme distraction tout ce qui avait trait à l’histoire et aux grands hommes, ses contemporains. Avant que ses infirmités l’aient réduites à la presque immobilité, elle était d’une activité surprenante, payant toujours de sa personne et ne cherchant qu’à faire plaisir. Sa charité était bien grande et sa ferveur dans le service de Dieu sans limites. Elle est à présent auprès de la Vierge qu’elle a tant invoquée. Du haut du Ciel, elle protège ses enfants.”1.6.1.3.2 Francis, Henri, Auguste JACQUETY Surnommé “PANCHO” par ses trois sœurs Gabrielle, Elia, Lily - Né le 5 Janvier 1877 à Mogador (Maroc) - Marié le 19 Décembre 1906 à Privas (Ardèche) avec Amélie, Edmée, Anne MORELLET - Décédé le 31 Mars 1952 à Mazagan (Maroc) Je ne dispose malheureusement pas de documents sur la jeunesse de mon Père. J’ai eu entre les mains, confié par Tante Gabrielle qui l’a conservée, une lettre à son Père Henri Jy, écrite en arabe. J’en ai gardé un souvenir enthousiaste. C’était une vraie page de calligraphie. Mon Père devait avoir 7 ou 8 ans, il apprenait l’Arabe régulier avec un ................ et fréquentait peut-être l’école coranique. Le seul document de jeunesse en ma possession est celui du palmarès de la distribution solennelle des prix du collège St Joseph d’Avignon. F.Jy est élève de 5ème. Il reçoit un prix de sagesse décerné par le suffrage des élèves avec l’approbation des maîtres. Il reçoit également le 1er prix de version latine, le 1er prix de langue grecque, un accessit en histoire et géographie. Il a en outre mérité la note “très bien” équivalent à un accessit aux examens généraux de Pâques. F.Jy a été élève des Jésuites à Avignon, rue des Lices, jusqu’à son baccalauréat es lettres qu’il a dû passer en 94 ou 95. Ayant été moi-même, avec mes frères aînés Henri et Pierre, élèves du même collège à partir de 1919, j’ai le souvenir d’une photographie placée dans un des grands couloirs du collège, représentant la classe de philosophie, où Père était parmi les élèves. Les Jésuites avaient accroché cette photographie pour honorer notre famille de sa fidélité au collège. Mes frères et moi y avons été très sensibles. Pendant les 8 ou 10 années de son séjour au collège St Joseph, F.Jy se rendait tous les ans en France par bateau jusqu’à Marseille et passait ses grandes vacances à Mogador. Le voyage, d’abord sur des bateaux à roues durait 15 jours. On trouvera dans les documents joints une lettre du Chanoine Jacquety, Chanoine de l’Eglise métropolitaine d’Avignon, datant du 21 Janvier 1887. “Que ta lettre, écrit il a F.Jy m’a donc causé du plaisir! Quels progrès j’ai remarqué dans ton écriture, si lisible et si bien formée. Je ne parle pas de ton écriture arabe, mais des connaisseurs l’ont jugée ferme et droite... Au reste je sais de bonne source que tu es appliqué et attentif aux leçons de tes divers maîtres ...etc...” Bref, beaucoup de compliments, accompagnés, bien entendu, d’incitations à la prière et de bénédictions. Le chanoine écrit en même temps à son cousin H.Jy ; il répète ses compliments sur son fils qu’il qualifie de précoce. Il souhaite d’autre part qu’H.Jy qui postule pour un poste de consul ou de vice-consul ait enfin satisfaction. Il réserve pour Francis une belle gravure, bien encadrée, représentant son Saint Patron ( ?) Je n’ai pas d’informations précises sur le sort de mon Père après son baccalauréat. Grand Père dont l’état de santé était précaire et se dégradait, n’était plus en mesure d’avoir l’activité qui lui avait permis de rendre florissantes ses affaires. La poursuite des études de son fils Francis en France, alors que ses filles Gabrielle et Elia y étaient déjà, aurait été une charge supplémentaire qu’il ne pouvait assurer. Francis est donc resté à Mogador auprès de son Père et l’a sans doute aidé ; mais c’est aussi l’époque où il est entré chez les frères Rontaunay, négociants à Mogador où il a été employé jusqu’à son départ pour Mazagan vers 1905. C’est d'Avril à juin 1904 que se situe le voyage de Francis, voyage financé par sa Mère. Un ................. de cartes postales en donne les principales étapes. On trouvera également aux archives une lettre de Francis à sa Mère, lettre écrite de Mazagan et datée du 21 Mars 1905. F.Jy rend compte à sa Mère du mariage de Gabrielle avec Louis Pagès. Il donne la liste des participants. Il vient de s’installer à Mazagan, il n’a pas encore fait grand chose et demande à sa Mère de l’argent, car il est à sec. Il doit acheter des œufs et doit recevoir du sucre, du riz et du café. Le marché des œufs est florissant (En 1932, il y avait chez Poccardi à Paris au menu des œufs Mazagan. C’était à la portugaise, avec tomates), avec expédition sur la France (par caisse-bois de 120 douzaines). F.Jy a fait la connaissance de tous les Français de Mazagan, en particulier du Docteur Blanc?, également de la famille Burdo?, qu’il avait pensé intéresser à ses affaires. Il doit rencontrer M. Spi............. , Consul d’Angleterre. Il habite l’hôtel de l’Univers. En plus de l’argent, il demande à sa Mère de lui expédier son mobilier et de lui offrir un tapis ; il réclame en outre sa selle et ses guêtres. Il attend Abd - el - Kader pour le servir. Il lui conseille de se joindre à la caravane de l’Aspirant Larras? attendu à la fin du mois à Mazagan. Enfin il manque de gibier et demande à sa Mère de lui expédier de temps à autre lièvres et perdrix. Il doit regretter ses chasses merveilleuses aux environs de Mogador, chasses dont il m’a souvent parlé. Il y allait à cheval. Il y avait de la perdrix, du lièvre et des oiseaux de passage (cailles, sauvagines). Il lui arrivait de chasser le lièvre au faucon, il en parlait avec émotion. F.Jy s’installe définitivement à Mazagan et ne tarde pas à se marier. Il épouse Edmée, Amélie, Anne MORELLET le 18 Décembre 1906 à Privas (Ardèche). Dans son discours, au dîner de noces, le Président du tribunal, parlant après le Maire de Privas, déclare “Monsieur Jacquety, votre famille a rompu avec les habitudes de sédentarisme, d’indolence, de mollesse de notre société. Sur une colonie de 500 européens, vous n’êtes qu’une cinquantaine de Français, vous n’en avez que plus de mérite”. -Agent de la Compagnie Marocaine (qui dépendait comme beaucoup d’affaires au Maroc de la Banque de Paris et des Pays-Bas) La Cie Marocaine en dehors de ses négoces faisait acheter à F.Jy des terrains qui après défrichage étaient revendus. Le défrichage était une opération importante pour la mise en valeur des terres qui étaient souvent envahies de “doum?” (palmiers nains). Le gibier très abondant en lièvres, perdrix, cailles etc... a beaucoup souffert de ce défrichage. À titre personnel, F.Jy, était Agent de la Compagnie Générale Transatlantique. Son nom était bien connu à la “Transat”, car son Père en était un fournisseur attitré en huiles végétales (d’olive ou d’argan) et, je crois avait été lui-même agent de la Transat à Safi. Pour la Cie Marocaine F.Jy fit construire un grand immeuble sur l’artère principale de la ville. - Au rez-de-chaussée, de grands magasins pour le stockage des laines, céréales, sucre etc... - À l’étage, Bureaux et logements avec grande terrasse - Au 2ème étage une grande pièce Pendant une assez longue période, les affaires de F.Jy aussi bien pour la Cie Marocaine, la Transat , que pour son compte personnel furent prospères.
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