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Marie Emilie BESSAC
Née à Violes (Vaucluse) le 12 Mars 1851, épouse Henri Jacquety le 14 Avril 1874 à Orange, décède à Orange le 2 septembre 1939. Elle est la petite fille de Paul Joseph Bessac (°02/03/1793 Violès- † 06/02/1856 Mornas) propriétaire à Violes et de Rosalie Agathe Gourjon (° ca 1795 - †24/05/1832 Violès) ; qui ont eu deux enfants dont l’aîné est décédé à l’âge de 18 ans.
Son père Paul François Xavier (°25/01/1829 Violès - † 25/11/1909 Piolenc), propriétaire épouse, le 24 janvier 1849 à Lapalud (Vaucluse), Emilie Adélaïde Félicité Ravoux (17/01/1830 Lapalud - 19/03/1906 Piolenc)
De ce mariage sont issus 8 enfants:
1-Charles Paul Vincent (°22/01/1850 Violès - † 31/07/1851)
2- Marie Emilie (1851 - 1939) épouse Henri Jacquety (1842 - 1897)
3-Charles Joseph Marie (°7/09/1853 Violès- † 10/04/1919 Paris 15 eme), Polytechnicien, à d’abord fait la campagne du Tonkin comme lieutenant. Puis a fait carrière comme ingénieur en Espagne. A épousé Incarnacion GARCIA originaire de Cadix. 5 enfants.
4-Paul Marie Joseph (°20/11/1856 Orange - † 04/02/1886 Panama), célibataire mort à Panama où il était chef de chantier sur le canal. “ Opérateur au service du canal interocéanique”
5- Marie Rose Philomène (° 22/02/1860 Orange - † 23/07/1901), en religion sœur Thérèse-Emilie de l’ordre de la Nativité.
6- Eugénie Marie Emilie (° 23/05/1862 Orange - † 15/10/1956 Bédarrides ), a épousé Elzear Lautier propriétaire à Bédarrides. 2 enfants
7- Marie Berthe Noémie (° 30/03/1864 Orange - 11/06/1865 Piolenc)
8-Arthur Paul Marie Joseph (° 26/09/1869 Orange - † 10/06/1942 Villeurbanne), notaire à Sérignan de 1903 à 1909, a épousé le 26/04/1904 à Sorgues Marie Joséphine Francès Bonnet (°08/03/1874 Poitiers - † 20/11/1951 Aix-les-Bains) . 3 filles

Marie avait 23 ans au moment de son voyage, et son départ pour le Maroc, via les Iles Canaries avait eu lieu à la stupéfaction atterrée de sa famille, de tous ses parents, ainsi que de tous les gens de Violès. On l’admirait quand même pour le cran qu’elle avait d’aller, à l’époque, habiter dans un pays de “sauvages” où, pensait-on, elle risquait à tout moment d’être assassinée ou empoisonnée.
M.B était une femme intrépide, énergique et pétrie d’une grande foi en Dieu. Elle fut une excellente épouse. Elle aide beaucoup son époux et en particulier à la fin de sa vie, lorsque, malade, il n’était plus capable de gros effort. Ce fut également et surtout une excellente mère.
Elle eut 5 enfants:
-Gabrielle Marie Emilie Eloïse née le 19/02/1875 à Mogador, épouse le 11/10/1905 Louis PAGES (1866/1934) de St Marcel d’Ardèche. Elle décède le 11/10/1976 à Orange dans sa 102 ème année. Sans postérité.
-Francis Henri Auguste (1877 - 1952) épouse Anne MORELLET de Privas (Ardèche) 13 enfants.
-Rose Sophie Elia née le 11/04/1878, épouse Léopold Bartre, polytechnicien, colonel d’artillerie, officier de la légion d’honneur. 7 enfants, décédée dans sa 100e année
-Georges Charles Henri Emile (°10 Fev 1885 - †9 Juillet 1885)
-Marie Amélie Cécile dite Lili née le 20/06/1888 à Mogador, épouse André Schwartz . 3 filles. Décédée le 20/08/1986 à Montpellier dans sa 99e année.

À la mort de son époux, qui lui laissait une situation financière peu brillante, M.B dût faire face à de bien graves difficultés . C’est alors qu’elle transforma leur maison de la rue du lion (impasse Bensaoud) qui servait jusque-là de bureau, d’entrepôt et de logement, en hôtel. En Février 1899, M.B, au moment de la liquidation à l’amiable de la succession de son époux a pu récupérer sa dot, figurant à son contrat de mariage, soit 11 000 francs or ou 14 000 pesetas. Elle a pu ainsi prendre possession pour 7 500 pesetas de la maison de la vieille Casbah dans la rue de l’église et pour 2 500 pesetas une maison de campagne aux îles Canaries, plage de San Juan. Bien que joviale et de bonne compagnie M.B était autoritaire. Elle a pu ainsi bien gérer son hôtel.
Les souvenirs les plus vivaces qu’elle aimait le plus à rappeler furent les passages et les séjours chez eux et plus tard à l’hôtel, de notables et de gens très en vue à l’époque. C’est ainsi qu’elle reçut, par exemple, le peintre Milius qui fit de nombreux séjours à Mogador pour s’adonner à la peinture. Il peignit entre autres deux natures mortes qu’il offrit à Bonne Maman en témoignage de son admiration et de sa reconnaissance. Ces deux toiles signées et dédicacées se trouvent chez les Bartre. Le peintre Milius a également peint en 1886 le portrait de Francis, “artalis " ?...........IX” déguisé en jeune marocain, avec tarbouche, chouquera, ...( cette aquarelle a été donnée à Gabrielle Adigard des Gautries)
Bonne-maman reçut aussi le lieutenant Charles de Foucault, ( dont elle gardait chaleureuse mémoire) ainsi que le lieutenant Lyautey. Mais c’est aux Canaries que Grand Père et Grand Mère reçurent Henri de Manfreid
M.B aimait à raconter que Grand Père était féru de musique et était musicien dans l’âme. Il aurait aimé entrer au Conservatoire de Musique à Paris, mais son Père s’y était opposé. Saint Saëns, avec lequel Grand Père passe des heures inoubliables d’orgue était son modèle. Georges Bartre possède une lettre autographe de Camille Saint Saens à Grand Père.
Bonne-maman, racontait aussi que Grand Père répétait sans cesse “Lorsque je serai parti pour l’autre monde, la première personne que je demanderai à voir en entrant au Paradis sera GOUNOD”

Les lettres, en archives, donnant des détails de la vie de Bonne Maman à Mogador, sont rares pour ne pas dire inexistantes.
-Une lettre de Mogador du 26 Mai 1899 est adressée à sa chère Lily, pour sa première communion. Lily est en France chez sa sœur Elia.
“Dans tes prières, le jour de ta première communion pense beaucoup à celui qui aurait été heureux de te voir participer au banquet des anges et qui, du haut du Ciel se réjouit et te bénit. Oh ce cher Père qui t’aimait tant, prie, oh prie beaucoup pour lui”.

-La 2ème lettre en archives est écrite de Mogador, en Septembre 1906, par Lily et adressée à sa sœur Elia, rue Auber, à Paris.
Il est question du Caïd Anflous, gouverneur des .......... venu à Mogador avec 300 cavaliers. Ce Caïd a manqué mettre Mogador à feu et à sang. Il a commencé par déménager les juifs de la médina. Les autorités se sont mises en relation par télégraphe avec Tanger. Immédiatement un petit bâtiment de guerre, le “Galilée” est arrivé à Mogador, avec pour mission de faire partir le Caïd Anflous .Mais celui-ci était déjà parti. La colonie Française de Mogador a donné un grand dîner en l’honneur des officiers du Galilée et Bonne Maman en a été chargée. Il y avait 40 convives. C’était épuisant. Et le surlendemain, 5 voyageurs, arrivés par “l”Arménie” étaient attendus à l’hôtel.
Pancho, c’est-à-dire Francis, qui est à Mazagan depuis 1903 a écrit à sa mère. Grande nouvelle sa mule grise a mis bas - les Arabes parlent de miracle - malheureusement le petit n’a pas vécu.
Lilly, en terminant sa longue lettre, fait part à sa sœur Elia, des regrets de leur Mère de ne pouvoir écrire étant surchargée de travail.

Le séjour de Bonne Maman à Mogador s’est prolongé jusqu’en 1920. Sa situation financière était apurée. Mais à 69 ans après une vie si laborieuse il était temps qu’elle rentre en France pour un repos bien mérité.
À son retour en France M.B s’est installée à Piolenc (Vaucluse) dans une propriété familiale.

jacquety
13/09/02