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Résumé des lettres qu’Henri Joseph écrivait à son père Louis Henri de 1868 à 1874

1°) La 1ère lettre du 28 Août 1868 est écrite de Marseille où il vient d’arriver pour s’embarquer sur le Maroc à destination de Mogador, via les Iles Canaries.

2°) Le 3 Septembre, Henri Joseph est toujours à Marseille et écrit de nouveau à son père, toujours sous le timbre Faux et Jacquety _ Maroc.

3°) Il écrit à nouveau le 6 Septembre annonçant son départ pour le lendemain et précisant qu’il se met sous le protection de Notre Dame de la Garde.

4°) Le 13 Septembre à bord du Maroc, en rade de Gibraltar. Lettre adressée à ses bien chers parents.
Henri Joseph raconte son séjour à Marseille en attendant le départ du bateau, ses achats pour s’équiper, dont une montre en or qu’il a fait venir de ............... , un faux départ de Marseille. Le gros temps en mer a obligé le Maroc à faire demi-tour. H.J déclare avoir été rudement éprouvé par cet essai, il a reçu ce jour-là son baptême de marin. Puis le temps s’étant rétabli, le vrai départ eut lieu. Cependant le capitaine du navire a jugé à propos de serrer de près la côte d’Espagne, ce qui a permis de jouir d’un panorama charmant et varié. Il y a bien d’autres commentaires sur la traversée mais d’un intérêt relatif.

5°) Le 1er Octobre 1868, une lettre de Mogador. Il est d’abord fait allusion à une lettre expédiée le 24 Septembre de Sainte Croix de Ténérife où l’escale a duré 48 heures. Cette lettre n’a pas été conservée ou n’est pas parvenue. H.J narre longuement la visite de l’île qu’il a traversé d’Est en Ouest, insistant sur les conditions climatiques si différentes entre la côte Est et la côte Ouest.
A son arrivée à Mogador après une navigation de 20 jours, H.J a le plaisir de voir Eugène Faux qui est monté à bord du Maroc en rade de Mogador. “Hier, écrit-il, nous avons signé Eugène et moi notre acte de société.”
Très rapidement les deux associés se trouvent d’accord pour installer à Maroc un moulin à huile, “avec un cheval pour moteur”.
Henri demande à son de le renseigner sur le prix d’une telle installation et ses conditions de fonctionnement et de rentabilité.

6°) La lettre du 18 Décembre 1868 est écrite de Marrakech avec Eugène Faux. Le voyage Essaouira (Mogador) à Maroc (Marrakech) a duré 5 jours en caravane avec un cavalier d’escorte, un muletier et 5 hommes, avec mules de selle. Les 5 autres mules étant chargées de bagages. H.J s’est fait raser les cheveux, porte tarbouche et turban. Il est vêtu d’une djellaba.
Perdrix, tourterelles étaient abondantes et leurs chasses alimentaient les repas. Outre son fusil de chasse, H.J portait un poignard suspendu au côté et un revolver à portée de main. H.J déclare se confirmer dans l’idée d’installer un moulin à huile à Marrakech.
Bien que comportant 8 pages, cette lettre du 18 Décembre est incomplète.

7°) Lettre du 14 Janvier 1869 de Marrakech (comporte 12 pages mais il manque la 13ème).
H.J et Eugène sont en plein installation. H.J revient sur son voyage aux îles Canaries, son père s’étant plaint de ne pas avoir eu assez de détails. H.J s’étend sur l’île de Ténériffe et sa capitale Sainte Croix (Santa Cruz). Il en parle comme d’un nouveau paradis terrestre, un printemps qui se renouvelle sans cesse. C’est un paradis.
Il fait allusion au commerce de la cochenille menace des vignes.
Puis H.J revient sur son voyage de Mogador à Marrakech, ..................... sa deuxième nuit, dans un gourbi avec enceinte réservée où les voyageurs reçoivent l’hospitalité.
Il raconte sa rencontre avec une armée de ................., sa chasse, le gibier est abondant pour le cuire à la broche il empruntera la baguette du fusil du soldat d’escorte. Il ne revient pas sur la suite de son voyage et se plaît à décrire Marrakech, avec ses rues étroites, sans pavés, encaissées entre des murs de maisons sans fenètres , la médina et le mellah. Comme dans toutes les villes du Maroc, il y a ségrégation entre Arabes et Juifs, ils ne sont pas d’ailleurs vêtus de la même façon. H.J est séduit par le décor de Marrakech, sa palmeraie. En fond de décor, l’Atlas se dessine majestueusement au midi avec ses grands sommets et ses neiges éternelles.

8°) Maroc, le 2 Mars 1869 (la date est en arabe)
C’est une longue lettre de 12 pages
Il y est question d’abord de leurs installations à Marrakech. Pour des chrétiens c’est une grave affaire, les autorités hésitant et se faisant tirer l’oreille, surtout lorsqu’il s’agit de logement.
Bien d’autres difficultés les attendent et en particulier pour l’emploi de domestiques juives. pour en sortir ils menacent de prendre un juif.
H.J décrit la maison : bureau, magasin, écurie au rez-de-chaussée avec grande porte cochère donnant sur cour. Au 1° étage, 4 pièces spacieuses, disposées autour de la galerie qui entoure la cour. Le tout couronné d’une terrasse.
La maison est louée pour 5 ans, mais exige certains travaux de restauration qui sont en cours.
H.J parle des cigognes qui rendent grand service au pays en le débarrassant des serpents qui l’infestent, puis il est question longuement d’Abd-El-R............., favori du Sultan. C’est un Français issu d’une famille noble du Pas-de-Calais, converti à l’Islam. Il avait été chargé de l’éducation du Sultan Sidi Mohamed. Il avait été ministre des finances. Cet homme tant gorgé d’or est encore avide de richesse. Impossible de vivre dans ce pays si on ne prend pour devise “méfiance”.

9°) Tanger le 2 Avril 1869
H.J débarque à Tanger - canot, puis les épaules d’un pauvre hère jusqu’aux rochers de la rade - il a rendez vous avec le ministre de la France au Maroc, résidant à Tanger.
Bien accueilli, le ministre à écrit dès le lendemain au vizir (Barjach?) pour aplanir les difficultés de leur installation à Marrakech.
On lui a reproché de ne pas avoir, pendant son séjour à Tanger, fait de la musique dans quelques salons.
H.J fait connaissance avec Mr Gilbert, Consul à Casablanca -ils logent tous les deux chez le même habitant un Français - . Il se propose au retour à l’escale de Casablanca de déjeuner chez Mr Gilbert et dîner chez Mr Ferrieu. À l’escale de Mazagan, il se propose de voir Carlo Mortéo agent consulaire d’Italie.
H.J reparle du moulin à huile à faire financer par Mr Faux. C’est un investissement important - aussi il préfère rester prudent , laissant à Mr Faux le soin d’apprécier.
H.J s’étend ensuite largement sur la récolte de grignons d’argan. Il n’y a pas de ramassage de fruits directement dans les arbres -on lâche dans la forêt chameaux, chèvres et moutons, qui se gorgent de fruits tout le jour. Le soir chaque animal à l’étable, où il digère tranquillement sa nourriture et où il laisse son fumier. Ainsi débarrassé de sa pulpe, le grignan est ramassé sur le tas de fumier. En famille les grignans sont écrasés un à un entre deux pierres. Les amandes ainsi dégagées sont pilées avec soin en général sur des mortiers, puis la pâte qui en résulte est mise entre deux linges et pressée. L’huile d’argan ainsi extraite est très appréciée des Marocains. H.J s’interroge sur l’intérêt que pourrait avoir la fabrication de cette huile, à défaut de son projet d’huile d’olive.

10°) Maroc le 12 Avril 1869
48 h après son embarquement à Tanger sur le “Souerah" , H.J.y débarque à Mazagan où il a beaucoup de peine à se procurer un cheval, une mule pour les bagages et la tente, et un soldat. Il a beaucoup de travail à son arrivée à Marrakech. Les produits de luxe se vendent facilement ainsi que les revolvers, mais pas les jumelles. H.J y parle également d’achats, de sandaraque, de cire et éventuellement de ceps de vigne qui pourraient être vendus dans le Vaucluse. Par ailleurs il a bien reçu le vin expédié et le déclare excellent.

A2) Orange, le 9 mai 1869
Lettre de Louis Henri à son fils Henri. C’est la première lettre conservée, la deuxième déjà résumée datant du 1er décembre 1869. Père et fils ont un peu la même écriture et la même facilité pour écrire et écrire longuement. L.H.Jy se réjouit de savoir que les affaires de son fils continuent à bien marcher malgré les retards en douane et il invite son fils à se méfier des juifs jaloux des succès de leur entreprise. L.H.Jy envoie du vin à son fils et lui recommande de boire des cafés, pour éviter l’eau qui donne des fièvres. Il se déclare intéressé par les ceps de vigne à condition qu’ils produisent du raisin apte à la vinification. Les1000 pieds pourraient se vendre mille francs et les besoins pourraient atteindre 6 à 700 ,000 pieds.
Le moulin à huile pourrait être expédié dans peu de temps. Pour l’expédition de l’huile qui sera fabriquée, il recommande l’utilisation de barils en bois. L.H.Jy revient sur les difficultés qu’ils ont à s’établir à Marrakech, mais ne doute pas de l’efficacité des recommandations qu’il a pu obtenir à Tanger.
Il parle aussi de musique, avec la venue à Orange de 2 bataillons d’Etat Major qui ont exécuté entre autres les ouvertures de Guillaume Tell, la Muette.
Il a beaucoup apprécié une petite flûte parfaite, d’une justesse peu commune. Il termine sa lettre en parlant de politique et des élections qui doivent bientôt avoir lieu.

jacquety
13/09/02