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J’ai eu photocopie de quelques-unes de ces pièces : -2 lettres au Consul de Mogador, l’une du 15 Juillet 1874, l’autre du 1er° Avril 1875 écrites sous le timbre FAUX & JACQUETY - Mogador (Maroc) - Une transcription de lettre du ministre des affaires étrangères à Paris, S.E M. Flourens, transcription transmise par le Consulat de France à Mogador et certifié conforme " sans frais " en date du 15 Avril 1888 autorisant Monsieur Jacquety, Agent Consulaire de France à Safi, à porter l’uniforme fixé par les règlements. signé : Flourens - Passeport délivré le 9 Décembre 1874 par le consulat de France à Mogador Armoiries de l’Empereur rayées " Au nom de l’Empereur " remplacé par " Au nom du peuple" Pour un voyage en France par Gibraltar Signalement : Taille : 1 m 70, Cheveux: noirs, Yeux: bleus, Visage: ovale, Teint: clair J’ai aussi copie d’une lettre de mon grand père à son ami Naggiar (Droguay ?) Chancelier du Consulat de Mogador, lettre de Safi datée du 23 Décembre 1888. Il déclare vouloir aller à Mogador pour voir si le travail marche bien et s’il ne manque rien pour lancer la campagne d’huile pour la Cie générale Transatlantique. " Ces messieurs ont donné signe de vie et semblent se remuer un peu, mais rien de nouveau concernant la création d’une nouvelle ligne de bateau. La question mûrira , j’espère, avec les figues et les raisins....... Je retiens l’expression assez imagée Mon grand père, Henri se rendait assez souvent de Safi à Mogador (et de là aux Canaries) et vice-versa. Il empruntait, vraisemblablement à dos de cheval ou de mulet avec escorte, une piste longue de ..... km. Mon frère François a retrouvé son itinéraire et prétend qu’on l’appelait :" trig (piste) Tajer Jacquety" L’oued Tensift était franchi à ... Je possède une très belle aquarelle de l’un des gîtes, où il faisait dresser sa tente - on y compte six meubles. Dans un autre ordre d’idées, on notera le rôle important que jouaient les consulats. À Mogador en particulier il y avait de nombreux consuls, la population européenne étant très cosmopolite. C’était vraiment la " période des consulats " . Mon grand père a été enterré dans le petit cimetière de Mogador. J’ai eu quelquefois l’occasion de me recueillir devant sa tombe. Depuis ses cendres ont été transférées au cimetière de Mazagan où elles reposent dans le caveau familial. Sa pierre tombale également transférée, a été scellée sur la partie arrière du monument. En terre d’Afrique, le petit cimetière de Mogador est assez remarquable et mérite d’être visité. Il y a de très anciennes tombes et je crois me rappeler que les plus anciennes datent de 1840. Cela ne vaut pas, bien sur, le cimetière de Gibraltar où l’on trouve le souvenir des combats navals de Trafalgar (1805) , ou le Père Lachaise à Paris. On trouvera dans les archives que j’ai rassemblées le plan de la maison de mes grands parents à Mogador. Cette maison existe toujours à l’angle du Bd du Caire et de la rue Mohamed Ben Messaoud. Il y a un entresol et trois étages. En superstructure une sorte de couronne ducale entourant l’escalier qui permet d’accéder à la terrasse. C’est le moment de rappeler que Mogador a été construit à l’intérieur d’une enceinte fortifiée. Par mesure de sécurité, le soir venu, les portes d’entrées de la ville étaient fermées. Quand j’ai eu l’occasion de séjourner à Mogador, j’avais l’impression de retrouver le décor inchangé dans lequel ont vécu mes grands parents. Le petit port avec sa darse est splendide, les constructions neuves sont à l’extérieur des remparts. Dans un livre consacré au Maroc " un Empire qui monte " , édité en 1886 et dédicacé à Monsieur Jacquetty en hommage sympathique l’auteur Ludovic de Campon écrit dans une des dernières pages (p 248) "Mogador est aussi le pays de cocagne pour le voyageur, grâce à la parfaite amabilité de Mr Lacoste Consul de France, esprit fort distingué et bienveillant, et de Mr Jacquety, négociant français, un des hommes qui connaissent le mieux le Maroc " . Nous avons la chance de posséder la plupart des lettres écrites par L.H.J. à son père de 1868 à 1874. J’en donne ci-après le résumé. Grâce à notre arrière grand père L.H.J., nous sommes en possession de lettres que son fils, Henri Joseph, lui a écrit depuis son départ pour le Maroc en 1868 et jusqu’à son mariage en 1874. Une seule lettre de son père L.H.J, a été conservée par notre grand père Henri Joseph. Cette lettre est datée d’Orange le 01 Décembre 1869, jour de la St Eloi PS : J’ai retrouvé une deuxième lettre écrite le 9 Mai 1869. J’en donne des extraits après la lettre du 12 /08 à laquelle elle répond. On trouvera cette lettre et les lettres de notre grand père dans les documents annexes. La lettre de notre grand père étant unique je crois intéressant d’en donner quelques extraits A1) En cette fête de la St Eloi L.H.J. évoque le souvenir de son père Joseph Bénezet (1775.1855) qui était joailler - bijoutier et la manière dont les maîtres et les ouvriers célébraient alors la St Eloi. “ Il n'y avait rien au monde de plus gai, écrivait-il et de plus cordial . Que les temps sont changés, maîtres et ouvriers se regardent comme le chien et le chat et depuis l’invention du droit moderne, toutes relations amicales ont dû cesser entre eux. Aussi les gens de marteau et d’enclume n’observent plus cette fête” Autre désillusion pour L.H.J. : “ Je lisais hier, poursuit-il le discours de l’empereur à l’ouverture des Chambres; j’ y ai remarqué ces mots “ rien n’est si difficile que d’ établir la liberté en France “ et ces autres à l’adresse des amateurs du socialisme “Pour l’ordre, j’en réponds, Messieurs aidez- moi seulement à établir la liberté” Il paraît qu’il ne redoute point ses adversaires à qui tant qu’il vivra, il fera bonne contenance. En ce qui me concerne je lui souhaite une longue vie, car après lui il peut arriver un cataclysme.” Plus loin “ Je tremble à l’idée que tu dois aller encore dans cette infernale ville de Maroc (Marrakech) ou l’on a cherché à se débarrasser de vous autres par tant d’avanies de tracasseries de toute espèce” “Là-bas lorsque tu prendras tes repas, il faudra avoir soin de laisser manger les autres avant toi, pour savoir si les mets ne contiennent aucune substance vénéneuse. Quant aux figues, il n’en faut point manger du tout, à moins de les cueillir soi-même sur l’arbre.” “Il me tarde bien de connaître le résultat de votre procès avec le gouvernement marocain, il semble cependant qu’il n’y ait pas d’affaire plus claire que la vôtre”. Suivent quelques nouvelles, l’arrachage de la vigne de Malgrac, tout ceux qui le chargent de les rappeler au souvenir de son fils etc ... Adieu, mon cher Henri, nous t’embrassons de tout notre cœur. H. Jacquety On observera que Louis Henri signe Henri. Avant de résumer les lettres écrites de 1868 à 1874 par Henri Joseph, il convient de mentionner une lettre qu’écrivait ce même Henri Joseph, à l’âge de 11 ans à son grand-père Joseph Bénezet, le 18 Mars 1853. On trouvera cette lettre dans les documents annexes. H.J est en pension à Avignon et souhaite une bonne et heureuse fête à son bien cher grand-papa et prie Saint-Joseph, son glorieux patron pour qu’il lui obtienne de Dieu de longs jours encore, qu’il le remplisse de joie et de bonheur et que sa bonne conduite et ses succès dans les études contribuent à ce bonheur. Votre petit-fils tant dévoué et tant obéissant. Le bien cher Bon Papa avait à l’époque 78 ans, il décédera 2 ans plus tard en 1855.
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