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Le résumé généalogique des JACQUETY

1- Joseph Laurent 1740-1824 84 ans
1-4 Joseph Bénezet 1775-1855 80 ans
1-4-1 Louis Henri 1805-1885 80 ans
1-4-1-3 Joseph Henri 1842-1897 55 ans
1-4-1-3-2 Francis Henri 1877-1952 75 ans


Tante Gabrielle disait toujours que sauf pour son père, qui avait pâti de son séjour à Mogador, les Jacquety vivaient vieux. En tout cas l’affirmation de Tante Gabrielle s’est révélée exacte pour elle même , elle s’est éteinte dans sa 102° année. Cela a été également vrai pour sa sœur Elia décédée dans sa 100° année peu de temps avant la célébration de son centenaire. Enfin la troisième sœur, Lily est décédée dans sa 99° année. L’espérance mathématique de vie n’était pas celle que l’on connaît aujourd’hui avec les progrès de la médecine et il faut bien admettre qu’au siècle dernier pour nos ancêtres, mourir entre 80 et 84 ans n’était pas chose courante. Comme Tante Gabrielle, j’en conclus que l’espérance familiale de vie chez les Jacquety, est importante.
Avant d’évoquer plus largement le souvenir de notre grand père Joseph Henri et ensuite de mon père Francis je terminerai ce premier chapitre, comme je l’ai fait pour commencer, par deux anecdotes personnelles.
Mon professeur de français en Rhétorique m’a souvent taquiné sur l’orthographe de mon nom. Il disait ne pouvoir admettre que je prononce Jacquéty ; alors que mon nom ne comportait ni accent, ni deux " t " et il avait un malin plaisir à m’appeler Jacqu(eu)ty . Je me suis d’ailleurs souvent interrogé sur la transformation de notre nom pour passer de Jiacchetti à l’orthographe actuelle. Il est probable que la phonétique a joué son rôle et j’imagine très bien que dans un premier temps, on ait pu passer à Jacquetti pour effacer, au titre de la francisation, les origines italiennes. J’imagine également qu’après la chute de l’empire Napoléonien on ait substitué à l’i terminal, l’y classique, pour échapper à un soupçon d’origine corse (Je m’en excuse auprès de mes deux belles-sœurs BALDOLVINI)
" se non è vero, è bene trovato ! "
(Si cela n’est pas vrai, c’est bien trouvé)
Cette généalogie à un seul tronc sans branche ni rameau fait que le nom des Jacquety est assez peu répandu, du moins jusqu’à la génération de mon père, car par la suite il proliférera.
J’ai à l’occasion, parcouru les annuaires téléphoniques pour retrouver un vague parent. J’ai toujours fait " buisson creux " . On m’a toutefois signalé l’existence à (Vichy ?) ,il y a de nombreuses années de cela d’une certaine (Laura?) Jacquetti, exploitant une blanchisserie.
Un jour pendant la guerre, au cours de la campagne d’Alsace, en 1944, un nouvel engagé du nom de Jacquetti a été affecté à l’escadron où j’étais moi-même lieutenant, commandant un peloton de chars. Cette homonymie a donné lieu à un certain nombre de facéties, au demeurant assez sympathique. Un matin de combat à ............... , le 31 mars 1945, le chasseur Jacquetti, faisant partie du commando, en appui de mon peloton, fut mortellement blessé. J’ai écrit comme j’ai eu à le faire malheureusement trop souvent pour des membres de mon peloton de combat, morts au champ d’honneur (8 au total), à la mère du chasseur Jacquetti., Pour lui narrer les circonstances glorieuses de la mort de son fils - il s’était porté volontaire pour une mission très dangereuse - et, en fin de lett e, je l’interrogeais, sur la parenté qui pouvait exister entre nos 2 familles. En répondant à ma lettre de condoléances, celle-ci m’informait que son fils s’appelait en réalité Jacquet et non Jacquetti et qu’il avait transformé son nom dans le simple but d’échapper aux recherches, car il avait déserté la Marine Nationale, pour pouvoir réellement combattre, avait-il écrit à sa mère. Ce faisant il allait au-devant de son malheureux destin.

P.S : Je reviens sur l’orthographe de notre nom, on trouvera aux archives des lettres adressées à Bénezet Jacquetty, et Maître Bosquier s’adresse à lui en écrivant : " mon cher Jacquetty " . De nombreuses lettres adressées à son “cher fils" (en réalité son gendre) par Maître Cirice Bosquier en 1826 et 1827 porte comme adresse :
Henri Jacquetty, le fils
près la Mairie et la place couverte à Orange (Vaucluse)

1-6-1-3 Henri Joseph JACQUETY
Né à Orange le 9 Avril 1842
Décédé à Mogador le 23 Mai 1897
Henri à fait ses études à Avignon et a obtenu le grade de bachelier es lettres (diplôme délivré par la faculté des lettres d’Aix en Provence le 15 Décembre 1860)
A d’abord été comme son père clerc de notaire à l’étude de maître (Bonamour ?) à Orange, puis a préparé sans succès le concours à l’entrée de la banque de France
A la suite d’un héritage, il décide de partir pour le Maroc ; il s’embarque à Marseille pour Mogador sur un cargo de la Cie Paquet, le 10 Novembre 1868.
La traversée, en passant par les îles Canaries, dura 20 jours. Il trouva en arrivant Eugène Faux qu’il venait rejoindre comme attaché commercial. Tous deux décidèrent d’aller à Maroc (aujourd’hui Marrakech) afin d’étudier sur place le commerce et la fabrication d’huile d’olive.
Une fois installés ils eurent de tels déboires qu’ils furent obligés de quitter l’intérieur du pays et ils vinrent de nouveau se fixer à Mogador où Eugène Faux mourut à l’âge de 26 ans, en Mars 1872. Henri, resté seul, a continué à résider à Mogador et la maison de commerce qu’il avait créée avec Eugène Faux connut une période florissante.
Dans une lettre du 28 Juillet 1874 adressée au Consul de France, j’ai noté une expédition vers la France de balles de peaux de chèvres ( ? ) , ns, sandaraques , amandes et une importation de foulards de soie, sucre....

Entre temps et pour raisons de santé, Henri Jacquety cherche à se fixer aux îles Canaries, réputées pour leur bon climat, du moins sur la côte ouest. Il y créera, à Agache, une sucrerie dans l’île de Gran Canaria, avec le concours de personnalités du pays. Il acheta, d’autre part dans l’île de Ténérife une propriété en bord de mer où il installa une pêcherie et une usine de salaisons (thons, sardines, maquereaux) à Cueva del (Ingles?) . Cette propriété, Playa San Juan , se situe au sud de l’île. Le petit village voisin s’appelait Guia de Ténérife ; on y accédait par un petit bateau à service régulier de Santa Cruz.
Henri fut agent de la Cie générale Transatlantique pour l’achat des huiles qui servirent longtemps au graissage des machines des bateaux à vapeur en service à l’époque et avant que soient commercialisées les huiles minérales.
Ayant ouvert également une maison de commerce à Safi pour l’achat de céréales, il y représenta longtemps la France avec le titre d’Agent Consulaire. Il fit également l’intérim du consulat de France à Mogador en l’absence du titulaire et travailla beaucoup au développement de l’influence française au Maroc, préparant ainsi le rôle prépondérant et fécond qu’y jouera la France par la suite.

Henri Jacquety était un remarquable musicien. Il joua à l’orgue de Notre Dame des Doux à Avignon à l’âge de douze ans.
J’ai sous les yeux une photographie de mon grand père Henri tenant sa baguette de chef d’orchestre devant sa partition de musique. On y voit ses quatre enfants réunis. Gabrielle jouant de la guitare, Elia et Francis du violon tandis que la benjamine Lily joue... à la poupée.
Je pense que c’est une des dernières photographie de mon grand père et d’après l’âge estimé de mon père, Francis, cette photographie de mon père doit dater de 1895 ou 1896 ? c’est-à-dire peu de temps avant sa mort.

Son état de santé étant venu prématurément arrêter une grande activité, Henri est mort à son retour d’un voyage aux îles, d’une congestion pulmonaire, le 23 Mai 1897, à l’âge de 55 ans, au grand désarroi de son épouse et de ses quatre enfants. La vie familiale, on peut s’en douter, en fut toute bouleversée , mais notre grand mère, très énergique, sut surmonter l’épreuve.
Une autre photographie, agrandie et bien encadrée, a longtemps trôné dans la maison de mes parents ; elle représentait mon grand père en habit marocain, accroupi par terre, avec, devant lui, une espèce de narguilé. Sachant que nous étions de vieux marocains, certaines personnes en voyant cette photographie allaient jusqu’à nous demander si c’était l’un des ancêtres marocains de notre famille ! Mon grand père s’habillait souvent en marocain, et je me suis laissé raconter qu’il aimait bien être dans cette tenue quand il se rendait à Marrakech. Avec son collier de barbe et sa parfaite connaissance de l’arabe, le mimétisme devait être parfait.
J’ai également sous les yeux une photographie montrant ma grand mère et ses quatre enfants, installés sur un tas de canne à sucre, photographie qui a donc été prise aux Canaries, probablement à la sucrerie d’Agache et sans doute peu de temps après la mort de mon grand père dont ma grand mère porte le deuil. Ce devait être en 1897. Mon père avait 20 ans et il s’est occupé pendant quelques mois des affaires des Canaries. Sans doute a -t- il dut procéder à leur liquidation.
J’ai été, après la mort de mon père, et à sa place, en relation avec le conservateur de la Bibliothèque Générale et des archives du protectorat au Maroc. Le Conservateur se proposait d’organiser une exposition dont le thème général était " Archives et Histoire du Maroc " et dont l’un des buts était de rappeler que la présence française au Maroc était bien antérieure au traité de protectorat de 1912. Dans sa première lettre à mon père en Février 1952, c’est-à-dire peu de temps avant sa mort , le conservateur estimait souhaitable que les archives des familles françaises établies depuis longtemps dans ce pays soient présentées à cette exposition et il ajoutait : "Parmi celles-ci la famille Jacquety est certainement une des plus anciennes et les archives du Protectorat possèdent déjà nombre de pièces la concernant"



jacquety
13/09/02